Tschugger : quand le Valais devient culte à la télévision suisse
Au départ, Tschugger, c’était une idée un peu folle : une série policière en dialecte, tournée en Valais, avec des flics approximatifs, des enquêtes improbables et un humour frontal.
Résultat ? Un carton absolu en Suisse.
Diffusée sur la SRF, la série dépasse régulièrement les 30 % de part de marché, un score énorme pour une production suisse. Tschugger est aujourd’hui l’une des séries les plus regardées du pays, toutes langues confondues.
Des flics pas très nets, mais très valaisans
Au centre de la série : Bax et Pirmin, deux policiers du Haut-Valais incarnés par David Constantin et Dragan Vujic.
Rien à voir avec des héros lisses : ici, on parle dialecte, on fait des erreurs, on bidouille… et c’est précisément ça qui fait mouche.

Tschugger joue volontairement avec les préjugés valaisans :
- lenteur assumée
- rapports flous à l’autorité
- autosuffisance presque suspecte
- méfiance envers “ceux d’en bas”
Mais la série renverse le cliché : ce qui passe pour de l’arriération devient une forme de résistance joyeuse face à la Suisse ultra-normée.
L’humour comme arme culturelle
Le génie de Tschugger, c’est de se moquer du Valais sans jamais le mépriser.
La série rit des clichés… tout en les revendiquant.
Elle met en scène un Valais :
- imparfait
- bruyant
- pas toujours politiquement correct
- profondément humain
Et ça parle à toute la Suisse. Parce qu’au fond, chaque région s’y reconnaît un peu.
Un phénomène qui dépasse le Röstigraben
Ce qui impressionne, c’est que Tschugger fonctionne bien au-delà du public alémanique.
La série est regardée, commentée, citée partout. Elle est devenue une référence pop-culture suisse, au même titre que certaines émissions mythiques.
L’arrivée de figures romandes comme Vincent Kucholl et Vincent Veillon dans les saisons récentes a encore renforcé ce pont entre régions et sensibilités.
Pourquoi ça marche autant ? (mon avis)
Parce que Tschugger fait exactement l’inverse de ce qu’on attend d’une série suisse :
- ce n’est pas propre
- ce n’est pas consensuel
- ce n’est pas tiède
C’est local, assumé et libre.
Et paradoxalement, c’est ce qui la rend universelle.
Tschugger est disponible gratuitement sur le site de la SRF, avec sous-titres.
Une série qui prouve qu’en Suisse aussi, on peut créer un succès massif en partant du local… et en osant rire de soi.
