Ma première visite à la Fondation Pierre Gianadda, je m’en souviens encore très bien.
J’étais enfant. J’y suis allé avec mon père.
En entrant, j’ai ressenti quelque chose de rare pour un enfant : un sentiment de grandeur.
Une grande halle. Du silence. Une odeur très particulière, presque solennelle.
Des adultes immobiles, absorbés, admirant des tableaux sans un mot.
On ne parlait pas fort ici. On regardait. On ressentait.
Et puis il y avait les voitures anciennes.
Pour un enfant, c’était magique.
Des lignes élégantes, du chrome, des formes venues d’un autre temps.
Je me souviens surtout d’une voiture jaune, éclatante, presque irréelle.
À cet âge-là, c’était déjà de l’art — sans que je sache encore le nom qu’on lui donnait.
Avec le recul, je comprends mieux ce que je ne pouvais pas saisir enfant.
La Fondation Gianadda, c’est la passion folle d’un homme : Léonard Gianadda.
Un homme qui a consacré sa vie à la culture et à l’art, avec une ambition immense et une exigence rare.
Réussir, depuis Martigny, à attirer les plus grandes œuvres du monde.
Pablo Picasso. Edgar Degas. Vincent van Gogh.
Et tant d’autres. Aussi des artistes suisses tel que Ferdinand Hodler, Alberto Giacometti, Hans Erni, Félix Vallotton, Ernest Biéler et Albert Chavaz
Aujourd’hui, j’y retourne en adulte.
Et à chaque fois, l’émotion est là.
Je prends le temps. Je ralentis.
Je m’arrête longuement devant une œuvre, parfois plusieurs minutes, presque immobile.
Récemment, je suis resté longtemps face à La Madone d’Edvard Munch, puis devant les Arbres dans le jardin de l’hôpital St. Paul de Vincent van Gogh.
Des moments suspendus. Des instants d’inspiration pure.
Et puis, il y a ce plaisir intact :
Revenir avec mes enfants.
Leur montrer les voitures anciennes.
Les voir s’émerveiller comme je l’ai fait moi-même, des années plus tôt.
La boucle est presque parfaite.
Pour moi, la Fondation Pierre Gianadda, c’est exactement ça :
une source d’inspiration des plus grands artistes de ce monde, unique en Valais.
Un lieu où l’on ne consomme pas la culture.
On la vit.
On la transmet.
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