Je crois que j’ai redécouvert Valère.
Comme beaucoup de Valaisans, je l’avais surtout regardée de loin.
Cette silhouette perchée sur sa colline. Face à Tourbillon, comme si les deux se répondaient encore à travers les siècles. Presque immobile au-dessus de Sion.
On la voit souvent.
Mais y monter, c’est autre chose. Le chemin grimpe doucement depuis la vieille ville. Et plus on avance, plus le bruit disparaît.
Les murs deviennent plus imposants.
Les pierres semblent plus anciennes. Et il y a ce sentiment étrange d’entrer dans un autre temps.
Quand on arrive au sommet, quelque chose frappe immédiatement :
Le silence.
Même avec la ville juste en dessous, l’endroit semble suspendu.
On regarde Sion autrement. Puis on lève les yeux.
Les murs épais.
La grande porte en bois patiné.
Les détails romans.
Cette impression de forteresse autant que d’église. C’est une église fortifiée, construite entre le XIe et le XIIIe siècle.
Pendant des siècles, elle a servi de résidence aux chanoines du chapitre cathédral de Sion, protégée par ses murailles au sommet de la colline.
Quand on observe le relief abrupt, on comprend vite pourquoi l’endroit a été choisi.
Ici, tout domine.
La ville.
La vallée.
L’histoire.
Sur le chemin, je suis aussi tombé sur une plaque discrète que beaucoup passent probablement sans la remarquer.
On y apprend qu’en 1987, lors de sa visite en Valais, le pape Jean-Paul II a élevé Valère au rang de basilique mineure.
Un détail qu’on ne connaît pas forcément.
Et pourtant, ce que j’ai trouvé le plus impressionnant n’est pas forcément dehors.
C’est à l’intérieur.
Il faut prendre le temps.
Regarder les fresques anciennes.
Les murs massifs.
La lumière qui traverse les ouvertures étroites.
Puis il y a lui.
L’orgue de Valère.
Construit vers 1435, c’est aujourd’hui le plus vieil orgue jouable au monde.
Quand on le voit suspendu dans la basilique, presque intact après près de six siècles, il y a quelque chose de difficile à expliquer.
On ne regarde plus un objet.
On regarde du temps.
Et on imagine les générations qui sont passées ici avant nous.
Des chanoines.
Des pèlerins.
Des habitants du Valais.
Des visiteurs venus écouter sa musique lors du Festival international de l’orgue ancien.
Et puis, il y a une autre surprise qu’on ne soupçonne pas toujours :
Le Musée d’histoire du Valais, installé directement dans les anciennes maisons du bourg fortifié.
On passe de pièce en pièce comme dans un petit labyrinthe médiéval.
Anciennes cuisines.
Salles en bois.
Objets du quotidien.
Traces de plusieurs siècles de vie.
On comprend mieux ce que représentait vraiment Valère.
Un vrai lieu de vie.
Petit bon plan au passage : si tu as une carte Raiffeisen MemberPlus, l’entrée du musée est gratuite.
J’ai aussi aimé ce contraste assez rare :
À quelques centaines de mètres, il y a Sion, ses cafés, ses terrasses, son agitation.
Et ici, presque au-dessus de tout, un lieu où l’on finit presque par oublier l’heure.
Pour moi, la Basilique de Valère, c’est exactement ça :
Un endroit qu’on croyait connaître…
Jusqu’au moment où on prend enfin le temps d’y monter.
Et où l’on se dit qu’on aurait dû venir ici bien plus tôt.
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