Il y a des endroits en Valais qu’on croit connaître parce qu’on les a déjà vus passer sur Instagram. Et puis il y a ceux qui, malgré leur popularité, arrivent quand même à surprendre une fois sur place.
Le Jardin japonais de Nendaz fait clairement partie de cette deuxième catégorie.
Soyons transparents : oui, le lieu est devenu très photogénique et très partagé sur les réseaux sociaux. En plein été, surtout lorsqu’il fait chaud, vous risquez de ne pas être seuls. Si vous rêvez d’une méditation solitaire au bord de l’eau, choisissez bien votre moment.
Mais une fois sur place, on comprend rapidement pourquoi cet endroit attire autant.
Le plus étonnant, c’est cette impression étrange qui surgit dès les premiers pas.
On a presque le sentiment qu’un immense projet paysager a été imaginé ici. Comme si quelqu’un avait soigneusement dessiné les courbes du terrain, déplacé les rochers et modelé le ruisseau pour créer un décor zen grandeur nature.
Le parallèle est un peu osé, mais cela rappelle presque certains aménagements paysagers récents, comme ceux visibles actuellement sur la Place du Midi à Sion — version alpine et beaucoup plus sauvage.
Sauf qu’ici, tout est naturel.
Le ruisseau serpente avec une précision étonnante. Il dessine des courbes douces, presque parfaites, au milieu des herbes alpines et des pierres laissées par le temps. C’est précisément ce paysage qui a donné au lieu son surnom de « Jardin japonais ».
Et il faut reconnaître une chose : le nom lui va plutôt bien.
Pour atteindre ce petit bijou, il faut d’abord le mériter.
Depuis le télésiège de Tortin, une montée parfois bien raide mène jusqu’au plateau. Rien d’insurmontable, mais suffisamment pour apprécier encore davantage le paysage à l’arrivée.
Ce décor n’a pourtant rien d’un jardin créé par l’humain.
Il y a environ 9’000 ans, le retrait du glacier a laissé derrière lui deux moraines formant un plateau alpin. Les roches sont restées éparpillées dans le paysage, pendant que l’eau de fonte trouvait lentement sa route.
Année après année, elle a creusé son propre tracé, créant ce ruisseau aux courbes presque irréelles.
Quand on le regarde d’en haut, difficile de croire qu’aucune main humaine n’est intervenue.
L’un des détails qui frappe immédiatement, c’est la limpidité de l’eau.
Elle est si transparente qu’on distingue parfaitement les pierres du fond. Cette clarté s’explique assez simplement : l’eau provient directement de la fonte des neiges et traverse un environnement peu chargé en sédiments. Son courant reste calme, loin des torrents alpins tumultueux qui brassent habituellement la roche et les limons.
Résultat : un ruisseau presque cristallin, avec des reflets qui donnent parfois l’impression d’être dans un autre pays.
Ou sur une carte postale un peu trop parfaite pour être vraie.
Le Jardin japonais de Nendaz dégage une sensation de calme assez particulière.
Le bruit discret de l’eau, les grands espaces, les sommets autour, les pins et les fleurs alpines créent une ambiance presque méditative.
Enfin… presque.
Parce qu’il suffit parfois de tomber au mauvais moment pour partager cette expérience avec quelques instagramers cherchant l’angle parfait pendant de longues minutes.
Mais au fond, difficile de leur en vouloir.
Le lieu donne envie de s’arrêter.
Si vous prenez le temps d’observer les petits étangs naturels du plateau, ouvrez bien les yeux.
Vous pourriez apercevoir des salamandres noires alpines, une espèce protégée en Suisse. Leur présence rappelle à quel point cet environnement reste fragile malgré sa popularité.
Un bon rappel aussi qu’ici, on est d’abord invités dans un écosystème vivant.
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