Il y a des journées où on se rappelle pourquoi on aime autant vivre en Valais.
Cette fois, tout a commencé par près de deux heures d’e-bike sur les hauteurs de Conthey. Un parcours magnifique entre forêt, pâturages et mayens, avec cette impression que le paysage change à chaque virage.
Un moment, on roule à l’ombre des sapins. Quelques minutes plus tard, le décor s’ouvre complètement sur les Alpes valaisannes. On croise des clairières, des vaches, des odeurs de forêt chauffée par le soleil. Et surtout ce calme qu’on oublie parfois existe encore.
Puis arrive ce moment qu’on aime tous après une belle sortie.
Celui où on aperçoit enfin la terrasse.
À 1350 mètres d’altitude, face à un panorama immense sur la plaine du Rhône, avec la Dent-Blanche et le Cervin au loin, le Restaurant Clair-de-Lune porte franchement bien son nom.
Et honnêtement, après deux heures de vélo, difficile d’imaginer meilleure récompense.
Au Clair-de-Lune, on sent rapidement qu’on n’est pas dans un restaurant “copié-collé”.
La cuisine est profondément liée au lieu : produits du terroir, plantes sauvages des Mayens, inspirations de saison. Et ça ne sonne pas marketing — ça se ressent vraiment dans l’assiette.
J’ai commencé avec une salade verte relevée aux bourgeons de sapin.
Dit comme ça, ça peut sembler particulier.
Mais le résultat est étonnamment subtil. Très frais, légèrement parfumé, presque résineux sans être dominant. Une entrée qui donne vraiment une identité au repas.
En face de moi, mon ami avait choisi une aumônière d’asperges d’Ardon : délicate, généreuse et mettant en valeur un produit emblématique du Valais.
Pour le plat principal, j’ai choisi un filet de bœuf sauce au romarin (180 g).
Cuisson impeccable. Viande tendre. Sauce parfumée juste ce qu’il faut — présente sans prendre toute la place. Avec les légumes de saison et un verre de merlot du coin, l’équilibre était vraiment réussi.
Mon ami a tenté quelque chose de plus audacieux : un carré de veau farci aux bourgeons d’épicéas, accompagné de pommes aux orties et d’une jardinière de légumes.
Oui, dit comme ça, ça intrigue.
Et pourtant, c’était probablement le plat le plus marquant de la table.
Les saveurs restent accessibles, mais avec ce petit côté inattendu qui donne envie de goûter dans l’assiette du voisin.
On comprend vite que la cuisine ici ne cherche pas à impressionner artificiellement. Elle raconte plutôt ce qui pousse autour du restaurant et ce que la montagne peut offrir.
Impossible de repartir sans dessert.
Nous avons terminé avec une tarte au citron revisitée accompagnée de chantilly.
Fraîche, légère, originale dans sa présentation… presque un peu déroutante au début tellement elle sort des codes habituels. On cherche un instant comment la manger — mais au fond, c’est aussi ce qui fait le charme de l’expérience.
Le Clair-de-Lune n’est pas une adresse récente sortie de nulle part.
L’histoire commence en 1962, lorsque Jean Evéquoz construit ici un petit café-restaurant avec une idée simple : accueillir les gens dans ce coin de montagne.
Puis, dans les années 70, le classement des Mayens-de-Conthey en zone agricole empêchera les nouvelles constructions. Avec le recul, cela a probablement permis au lieu de préserver son authenticité.
Aujourd’hui encore, la famille Evéquoz poursuit cette philosophie : terroir, fraîcheur, accueil chaleureux et respect du lieu.
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